Silence Dégoût et des couleurs Flippé le dauphin Futur au s'cours! Gang et Luo Elle et lui Passe, passe Blondin A deux pour cent près Silo qui pète, été béni Moi c'est Guano La jolie bellule Les filles du monde entier La berlue Boubacar ou les mémoires d'un pneu Grand gourou, ouah l'habit Benjamin Tiago le lanceur de couteaux Comme des troufions Galopédie Le cas du général Vieille chanson du jeune temps A table ! ![]() |
Vieille chanson du jeune temps Je ne songeais pas à Rose, Rose au bois vint avec moi Nous parlions de quelque chose mais je ne sais plus de quoi J’étais froid comme les marbres, je marchais à pas distraits Je parlais des fleurs, des arbres : Rose semblait dire : “Après ?” La rosée offrait ses perles, le taillis ses parasols J’allais, j’écoutais les merles et Rose les rossignols Moi seize ans et l’air morose, elle vingt, ses yeux brillaient Les rossignols chantaient Rose et les merles me sifflaient Rose droite sur ses hanches leva son beau bras tremblant Pour prendre une mûre aux branches je ne vis pas son bras blanc Une eau courait fraîche et creuse sur les mousses de velours Et la nature amoureuse dormait dans les grands bois sourds Rose défit sa chaussure et mit d’un air ingénu Son petit pied dans l’eau pure, je ne vis pas son pied nu Je ne savais que lui dire, je la suivais dans le bois La voyant parfois sourire et soupirer quelquefois Je ne vis qu’elle était belle Qu’en sortant des grands bois sourds “Soit, n’y pensons plus !” dit-elle Depuis j’y pense toujours. Victor Hugo (Les Contemplations 1831) |