Annabelle D'autres yeux La maison d'Olya Juste un peu de sang Pourquoi mourir ? La bise lointaine Va falloir s'y faire L'inconnu Silence Dégoût et des couleurs Flippé le dauphin Futur au s'cours! Gang et Luo Elle et lui Passe, passe Blondin A deux pour cent près Silo qui pète, été béni Moi c'est Guano La jolie bellule Les filles du monde entier La berlue Boubacar ou les mémoires d'un pneu Grand gourou, ouah l'habit Benjamin Tiago le lanceur de couteaux Comme des troufions Galopédie Le cas du général Vieille chanson du jeune temps A table ! ![]() |
Le cas du général (le premier couplet est de La Fontaine) Un pauvre bucheron tout couvert de ramée Sous le poids du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé marchait à pas pesants Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée Enfin n’en pouvant plus d’effort et de douleur Il met bas son fagot et songe à son malheur Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde En est-il un plus pauvre en la machine ronde Point de pain quelquefois et jamais de repos Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts Le créancier et la corvée lui font d’un malheureux la peinture achevée Il appelle la Mort elle vient sans tarder, lui demande ce qu’il faut faire C’est dit-il afin de m’aider à recharger ce bois, tu ne tarderas guère Le trépas vient tout guérir, mais ne bougeons d’où nous sommes Plutôt souffrir que mourir, c’est la devise des hommes Un pauvre vagabond tout couvert de haillons Souffrait de ses deux pieds aussi bien que des dents Boîtant et maugréant buvait pour oublier et tâchait de gagner son abri de carton Enfin n’en pouvant plus d’effort et de douleur Il pose son litron et songe à son malheur Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde En est-il un plus pauvre en la machine ronde Point de vin quelquefois et jamais de boulot Sa femme, ses enfants, tous lui tournent le dos Les flics et les passants lui font d’un malheureux La peinture achevée Il appelle la Mort elle vient sans tarder, lui demande ce qu’il faut faire C’est dit-il afin de m’aider à soigner mes chicots, tu ne tarderas guère Le trépas vient tout guérir, mais ne bougeons d’où nous sommes Plutôt souffrir que mourir, c’est la devise des hommes Un pauvre général tout couvert de médailles, Sous le poids du remords et de milliers de morts Ecrivait ses mémoires pour conjurer le sort, Tâchait sur le papier d’aligner trois idées Enfin n’en pouvant plus d’effort et de douleur Il pose son stylo et songe à son malheur Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde En est-il un plus pauvre en la machine ronde Point d’fois gras quelquefois, deux trois noëls au front Responsabilité, prise de décision Et bombardements incessants lui font d’un malheureux la peinture achevée Il appelle la Mort elle vient sans tarder, lui demande ce qu’il faut faire C’est dit-il afin de m’aider comme dans l’autre couplet, tu ne tarderas guère Le trépas vient tout guérir, mais dans ton cas je te somme D’ mourir au lieu de souffrir, c’est ma devise mon bonhomme |